Peut-on vraiment lire des mots en inversant toutes les lettres ?

Étudions l’article qui semble faire référence à une étude de l’Université de Cambridge sur les facultés de notre cerveau à lire des mots très rapidement.

L’article original

Voici une image représentant un article dont je n’ai pas réussi à retrouver la source (minimum de 2003), qui semble faire référence à une étude de l’Université de Cambridge.

article_cambridge

Vous arriverez certainement à déchiffrer sans trop de problèmes le texte. Et vous serez alors d’accord avec ce qu’il dit.
Mais arrêtons-nous justement, sur la conclusion de ce texte et essayons de comprendre « comment ? ».

Les points à étudier

Trois choses importantes à retenir de l’article. Notre point de départ :

  1. Le cerveau comprend le mot comme un « tout »
  2. Les mots doivent garder leurs première et dernière lettres
  3. Les lettres à l’intérieur peuvent être mélangées aléatoirement

Contre-exemple du premier point

Démo

J’ai donc essayé quelque chose qui correspond à ces 3 règles. Arrivez-vous – facilement et rapidement – à déchiffrer ce mot ?

IUTRURPENETR

Et maintenant si je vous dis que la première lettre et la dernière lettre sont bien à leur bonne place ?
Et si je vous dis que ça sert à allumer ou éteindre la lumière ?

Et là, vous avez trouvé : Interrupteur.

Analyse

On peut dans un premier temps conclure que non, le cerveau ne remet pas en place si facilement toutes les lettres pour créer un mot. Il ne voit pas le mot comme un « tout ».
On peut d’ailleurs remarquer assez facilement, que le « mélange » des lettres dans l’article original n’est pas si hasardeux que celà. En effet on peut remarquer par exemple que les voyelles sont très souvent dans le même ordre que le mot original.

Contre-exemple du deuxième point

Démo

Comme pour l’exemple précédent, essayez maintenant de déchiffrer le dernier mot rapidement :

Je mange une bonne abgueett

Vous avez réussi ? Tant mieux, et c’est normal. C’était « baguette ».

Analyse

Si vous regardez ce dernier mot mélangé, vous pouvez remarquez que j’ai aussi mélangé la première lettre et la dernière.
On peut donc en conclure cette fois que non, la première et la dernière lettre n’ont pas obligation à rester à leur place respective pour réussir à déchiffrer le mot.

Conclusion

On a donc pu voir avec quelques contre-exemples que :

  1. Non, le cerveau ne comprends pas les mots comme un « tout ». En tout cas pas de la façon dont le conclus l’article
  2. Garder la première et la dernière lettre du mot à la bonne place, n’est pas forcément obligatoire.
  3. Les lettres ne sont pas mélangées si « aléatoirement » que celà, dans l’article

 

La question, c’est alors pourquoi on arrive quand même à déchiffrer ce texte ?

Je ne suis pas scientifique, je n’ai donc pas la vraie raison. Néanmoins, grâce à l’exemple suivant, nous allons voir que le contexte et le champs lexical jouent un grand rôle dans le déchiffrement.

Le contexte, et le champs lexical

Le contexte

Premièrement : le contexte.
On prend l’exemple de la première phrase. Le mot « Université » saute aux yeux en premier. On dirait que ses lettres n’ont même pas été mélangées, tellement le mot est proche de l’original.
On a donc déjà un mot, on a le second puisqu’il est suivit de « de ». Le suivant est assez simple à déduire, étant donné que dans la plupart des cas (tous ?) une expression « Université de » est suivie d’un nom de ville.

Le champs lexical

On a donc le contexte, ainsi que le titre, qui annoncent ensuite un champs lexical tourné autour des lettres, de l’écriture et d’une étude universitaire.
En lisant, nous n’allons pas « voir » les mots suivants comme un tout, mais plutot les déduire grâce aux mots précédents. Si vous lisez d’autres textes de ce genre, vous vous aprecevrez, que même quand vous avez un peu de mal à déchiffrer un mot, vous allez chercher le suivant pour qu’il vous aide.

Sources, pour aller plus loin.

Détail important

Après pas mal de recherches pour retrouver la source originale de cette étude, je suis tombé sur des articles et témoignages indiquant des sources de 1999. Mais des scientifiques ont démenti que l’Université de Cambridge ait fait une telle étude.
Il pourrait bien s’agir ici d’un simple et vieux canular qui a perduré.
Ce texte serait une simple traduction du texte originalement écrit en anglais.
L’image que vous voyez en haut, représente donc certainement un article de plus, fait dans un quelconque journal francophone.

Vous trouverez plus d’informations à ce sujet tout en bas de cet article : http://www.balancedreading.com/cambridge.html

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